Comment paierons-nous demain ?
Payez avec un sourire, un mot, un contact, un geste. Avec l’essor des paiements mobiles et numériques, les jours du portefeuille physique semblent comptés. Mais comment paierons-nous nos achats demain ? Quel est le niveau de maturité du paiement mobile ? Quel rôle joueront la biométrie et l’Internet des objets ? Assistera-t-on à la fin de l’argent liquide ? Face à ces questions, nous avons sélectionné 5 tendances parmi les nouveaux moyens de paiement susceptibles de s’imposer dans les années à venir.
1. Paiement mobile et sans contact
Le paiement sans contact n’est pas nouveau, mais la crise du Covid-19 a probablement marqué un véritable décollage de ce mode de paiement, que ce soit par carte ou par mobile. Au cours des quatre premiers mois de 2020, par exemple, les mesures de distanciation sociale mises en place dans les pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) ont entraîné une hausse sans précédent de 12 % des paiements sans contact. Un niveau inédit, même dans une région connue pour être la moins consommatrice de cash au monde.
Apple Pay, Android Pay, Samsung Pay… le paiement sans contact via smartphone gagne du terrain. Comme les cartes bancaires sans contact, les téléphones utilisent la technologie NFC (Near Field Communication), qui permet l’échange de données sur de très courtes distances, pour communiquer avec les terminaux de paiement. Les consommateurs apprécient de plus en plus de ne pas saisir leur code PIN et de pouvoir laisser leur carte bancaire chez eux. Aux Pays-Bas, le nombre de clients ING utilisant le paiement mobile a presque quadruplé entre 2018 et 2019.
2. Le rôle croissant de la biométrie
La biométrie est déjà utilisée pour l’authentification via empreinte digitale, reconnaissance vocale ou faciale, comme c’est le cas par exemple avec Apple Pay. Son usage rend le paiement plus fluide et moins contraignant.
En Chine, près de 300 restaurants KFC ont testé le « smile-to-pay », une technologie de reconnaissance faciale développée par Ant Financial (filiale d’Alibaba dédiée aux paiements), qui compare le visage du client à une photo liée à un compte de paiement sécurisé. Toujours en Chine, le groupe Carrefour, en partenariat avec Tencent via WeChat, a déployé le paiement par reconnaissance faciale dans l’ensemble de ses hypermarchés locaux (210 magasins).
3. Payer avec un objet connecté
L’Internet des objets (IoT) est en plein essor. Il est désormais possible de payer avec une montre, un bracelet connecté ou un bijou comme le K Ring, la bague connectée développée par Mastercard. Les montres connectées et trackers d’activité Garmin Pay et Fitbit Pay en sont d’autres exemples permettant le paiement sans contact partout où il est accepté.
Fitbit Pay, par exemple, est disponible dans plus de 20 pays et auprès de plus de 160 banques et institutions de paiement.
Des partenariats entre réseaux de paiement et industriels se développent également pour intégrer les paiements IoT. Mastercard, IBM et General Motors ont par exemple créé une plateforme de mobilité cognitive intégrant la technologie de paiement sécurisé Masterpass. Depuis 2017, certains conducteurs de véhicules GM aux États-Unis peuvent payer carburant ou restauration au drive sans sortir de leur voiture.
4. Le développement des paiements P2P
Les services de paiement peer-to-peer (P2P) permettent d’envoyer de l’argent rapidement et souvent gratuitement via un numéro de téléphone, un email ou un identifiant. Les plus connus sont Venmo (PayPal), Cash App (Square) et Zelle aux États-Unis.
En plus de ses services de paiement en ligne, PayPal propose également des transferts P2P. Les portefeuilles numériques Google Pay et Apple Pay Cash offrent aussi ces fonctionnalités. Certaines plateformes comme Facebook Messenger ou Skype permettent également les transferts d’argent entre particuliers.
Le P2P s’étend progressivement au commerce (B2C). Aux Pays-Bas, ING propose par exemple aux commerçants une solution pour envoyer une demande de paiement au moment de la livraison.
5. Le cash n’est pas mort !
À l’avenir, les paiements en espèces deviendront clairement moins fréquents. Dans certains pays scandinaves, les paiements électroniques sont devenus la norme. La Suède pourrait même devenir le premier pays totalement sans cash : les 56 milliards de couronnes encore en circulation ne représentent plus que 1,2 % du PIB, un niveau record mondial.
Mais le cash ne disparaîtra pas totalement. Régulateurs et citoyens restent attachés à son existence : en cas de panne générale, de cyberattaque ou de crise majeure, il reste indispensable. Certains craignent aussi une dépendance totale au système bancaire ou une surveillance accrue des transactions.
Une société sans cash est-elle souhaitable ? La Suède elle-même, pourtant leader du paiement digital, a adopté une loi obligeant les banques à maintenir des services en espèces pour protéger les populations vulnérables et faire face aux risques de cyberattaques.