Choisir la bonne approche du cloud souverain
Choisir la bonne approche du cloud souverain
En mars 2023, le Groupe Proximus et LuxConnect ont annoncé la création d’une filiale commune au Luxembourg afin de proposer des services de cloud souverain. Le CEO de Proximus Luxembourg, Gérard Hoffmann, explique pourquoi le cloud souverain constitue un élément clé de la transition numérique européenne.
Aujourd’hui, les organisations publiques et privées manifestent un intérêt croissant pour l’adoption de solutions de cloud public. Cela s’explique par le fait que les services de cloud public sont immédiatement disponibles et donnent accès aux innovations informatiques les plus récentes, offrant ainsi un support idéal pour accélérer la transformation numérique des entreprises.
Les plateformes cloud sont des implémentations virtualisées d’infrastructures informatiques, telles que les réseaux, les serveurs et le stockage — communément appelées Infrastructure as a Service (IaaS) — mais elles vont également au-delà de l’infrastructure en proposant des applications prêtes à l’emploi — Software as a Service (SaaS) — ainsi que de nombreuses solutions intermédiaires comme le Platform as a Service (PaaS).
Seul un nombre limité d’acteurs technologiques est capable de fournir ces « clouds hyperscale », qui offrent un rythme d’innovation exceptionnel. Ce nombre limité de fournisseurs augmente le risque de dépendance à un fournisseur (vendor lock-in) et soulève également des enjeux de conformité, car il peut parfois être difficile d’aligner le modèle opérationnel des fournisseurs cloud avec les obligations réglementaires et de conformité.
La solution dite de « cloud souverain » vise à répondre à ces défis en permettant l’utilisation des services cloud les plus innovants, exploités et supportés par des fournisseurs de confiance choisis par les clients. Elle contribue ainsi à renforcer la cohérence réglementaire et à redonner aux utilisateurs du cloud le contrôle sur leurs données.
Cloud souverain : conformité versus innovation
Le concept de cloud souverain est né de la confrontation entre deux besoins parfois contradictoires : d’une part, la protection des données, et d’autre part, la nécessité d’accéder aux technologies les plus avancées dans les domaines de l’analyse de données, de l’intelligence artificielle (IA) ou encore du machine learning (ML), pour ne citer que quelques exemples.
Le cloud souverain permet de résoudre ce dilemme entre capacité d’innovation et conformité réglementaire.
Avant tout, et pas uniquement pour les secteurs réglementés, il représente une opportunité d’exploiter rapidement les possibilités offertes par le cloud public et de mettre en œuvre des projets de digitalisation.
La souveraineté des données et le cloud ne sont donc plus nécessairement opposés.
Le cloud souverain devient ainsi un élément essentiel des environnements multi-cloud pour les utilisateurs de services cloud. Il désigne une plateforme cloud conçue pour respecter les lois et réglementations locales.
Un cloud souverain protège les données contre des accès étrangers non autorisés et garantit que leur stockage respecte les réglementations en matière de protection de la vie privée.
Dans le contexte actuel de divergence entre les réglementations européennes et américaines (RGPD européen versus CLOUD Act américain), il existe un besoin évident pour les institutions européennes de pouvoir contrôler l’accès à leurs données ainsi que leur localisation, notamment lorsqu’elles utilisent des services cloud publics fournis par des acteurs américains.
À ce titre, plusieurs approches du cloud souverain (flavours) sont aujourd’hui disponibles sur le marché.
L’informatique confidentielle : une première approche du cloud souverain
Une première solution consiste à utiliser l’informatique confidentielle (confidential computing), qui permet au client de conserver la maîtrise des clés de chiffrement de ses données, de bout en bout, jusqu’au niveau du calcul effectué dans le cloud.
Pour de nombreux clients, cette solution est suffisante : les données sont chiffrées de bout en bout, tout en restant hébergées dans le cloud public.
Un cloud souverain déconnecté
Pour les clients disposant de données encore plus critiques, un cloud totalement déconnecté peut constituer une solution plus adaptée.
Dans ce scénario, il n’existe aucune connexion avec le cloud public — d’où le terme « déconnecté » — et l’exploitation de la plateforme est assurée par un fournisseur local de confiance.
En définitive, le choix de la bonne approche du cloud souverain doit commencer par une analyse appropriée de la classification des données.
Avec une plateforme physiquement déconnectée, les entreprises peuvent bénéficier d’un ensemble de fonctionnalités cloud avancées sur une plateforme exploitée et gérée par des fournisseurs régionaux établis et reconnus.
Cette configuration permet un contrôle total sur l’emplacement des données et sur les personnes pouvant y accéder.
Un facteur clé de succès pour la transition numérique européenne
En résumé, la disponibilité de solutions de cloud souverain constitue un élément essentiel pour accompagner la transition numérique de l’Europe.
Elle supprime les barrières réglementaires liées à l’utilisation du cloud et offre aux entreprises européennes la sécurité d’une solution cloud « à la carte », combinant les exigences techniques du cloud computing avec l’innovation et la sérénité.
Plusieurs projets exploitant des technologies tierces tout en protégeant les données des clients sont déjà disponibles ou en cours de développement chez Proximus. Ces projets proposent des solutions de cloud souverain adaptées aux besoins des entreprises et des institutions.
Ils permettront aux clients de contrôler, sécuriser et gérer globalement les risques liés à leurs données, tout en bénéficiant du savoir-faire technologique essentiel provenant d’acteurs situés en dehors de l’Union européenne.
Cela représente une proposition de valeur intéressante pour les entreprises et institutions européennes établies au Luxembourg et au-delà.